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AnIscadore

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Profil de AnIscadore



 

* Ma grand-mère maternelle en 1978, décédée d’un cancer du col de l’utérus, soigné à cette époque par implants radioactifs.

 

* Une amie très chère atteinte début 80 par un mélanome (mais elle aimait trop le soleil, elle ne prenait pas de précautions) ; opérée en 1984 d’une énorme tumeur du foie (une brioche, disait-elle, à cheval sur deux lobes), elle a résisté jusqu’en juillet 2006, emportée par une tumeur au cerveau ; elle a toujours refusé les chimiothérapies, a été volontaire pour des campagnes expérimentales de nouveaux traitements hors chimio, a opté pour une alimentation à base de riz complet.

C’était une cuisinière et une jardinière hors pair, pleine de fantaisie et de créativité. De VIE.

Elle était aussi un peu « sorcière » (d’une lignée de guérisseurs) et se soignait beaucoup par le mental ; l’équipe soignante avec laquelle elle avait des relations très souvent conflictuelles ne comprenait rien à ses rémissions successives.

Elle aussi est en moi ; dans beaucoup de mes gestes quotidiens je pense à elle et je lui envoie des « merci ».

 

* Mon père : d’abord ablation d’une partie du colon pour lequel le chirurgien n’a jamais voulu prononcer le mot de cancer, puis métastases à la prostate, opération, radiothérapie ; invasion dans les os ; progressivement son bassin puis ses jambes s’affaiblissent, le fauteuil roulant s’impose ; il n’a pas souffert trop longtemps, heureusement, car son cœur aussi était usé, et c’est lui qui a lâché, « en douceur » pendant son sommeil. J’ai beaucoup appris, il m’a aidée grandir encore juste avant de partir.

Avec le recul, je crois maintenant que cet accompagnement devait être là aussi pour me préparer à ma propre « expérience ».

Mais aussi, ce fut l’expérience de l’accompagnement aux mourants…

 

* Février 2006 : mammographie de campagne de dépistage, annonce de ma tumeur ;

Tumeroctomie, radiothérapie, refus de l’hormonothérapie. Traitement alternatif avec mon médecin homéopathe.

Juin-juillet 2008 : derniers contrôles ; marqueurs OK, mammographie nickel, frottis pas de pb ; que des bonnes nouvelles a claironné le chirurgien. Et moi donc !

 

* Actuellement, j’accompagne de très près mon amie d’enfance, atteinte d’une tumeur au cerveau. Je me sens souvent désespérée et impuissante ; je trouve que l’on est souvent plus démuni devant la souffrance de ceux que l’on aime que devant la sienne propre car le fait d’être acteur de ma guérison me rendait forte. Tout ce que l’on sait ou croit savoir, on ne peut pas le transmettre si le « récepteur » n’est pas lui-même convaincu, volontaire, et véritablement acteur.

 

Aujourd’hui je me dis, alors que je croyais être protégée par mon mode de vie – alimentation, activité sportive, environnement social et affectifs favorables -, que cette maladie a été pour moi un avertissement. Que je n’étais pas encore allée assez loin dans ma transformation ?