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Marie-Danielle

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Profil de Marie-Danielle



 

Mon expérience personnelle du cancer a été de courte durée. Le 22 juillet , je consulte pour un mal au bas ventre et une constipation aiguë. La nuit même , je suis opérée afin de retirer une masse cancéreuse qui heureusement n'a pas laissé de trace  selon ma chirurgienne. Cependant, une stomie temporaire devra être supportée pendant quelques mois avant de retrouver la continuité. Tout se passe bien : je m'adapte rapidement et retrouve une vie normale après deux semaines seulement. Un mois plus tard, les résultats de laboratoire décèlent un ganglion sur douze portant des cellules anormales.  Me voilà en chimio,  une série de douze aux quinze jours. 

 

Mais le cancer, je le connais déjà depuis longtemps. À 16 ans , j'apprends que mon père a un cancer des intestins. Pour lui, l'opération est impossible comte tenu de l'avancement de son mal. Pourtant, il résista 5 ans à l'aide des dizaine de pilules qu'il prenait chaque jour. Il passait  souvent de longs séjours à l'hôpital , puis revenait à la maison quelques semaines. J'allais le voir souvent à l'hôpital. Je n'oublierai jamais ses dernières souffrances ; comme je pleurais à chaudes  larmes de le voir ainsi courir après sa respiration !  Le médecin est venu lui donner une injection , puis une autre un peu plus tard ; enfin, il s'assoupit. À l'époque, personne dans le milieu hospitalier aidait la famille à passer à travers cette épreuve. Ce soir-là, dans l'ascenseur, je me souviens comme si c'était hier, j'ai demandé à Dieu de venir le chercher. À 4 heures du matin, le téléphone sonnait pour nous annoncer qu'il venait de partir. Nous sommes tous allés le voir . Cette fois, je n'ai pas pleuré, j'étais soulagée. Enfin, papa ne souffrirait plus.

 

Quelques années plus tard, c'est au tour de maman d'apprendre qu'elle a un cancer du sein. À cette époque, on en faisait l'ablation. Elle a été en rémission pendant trois ans. Les métastases se sont retrouvées partout  dans son corps. Elle a été reçue  aux soins palliatifs d'un hôpital dont je ne me souviens pas du nom. Elle a été reçu comme une reine et nous aussi. C'était un milieu chaleureux. Les médicament soulageaient les douleurs et permettaient de nous parler, de nous dire tout ce que nous voulions avant le grand départ. Nous avions du support des infirmières comme des bénévoles. Comme maman était croyante, son départ pour le ciel ne lui faisait pas particulièrement peur. Elle disait voir de sa famille qui l'attendait. La veille de son décès, elle nous a confié que l'heure était venue pour elle. En effet, à trois heures du matin, on nous appelait pour nous dire qu'elle en était à ses derniers moments. Nous l'avons veillée, puis le temps d'aller se chercher un café, au retour, elle était partie. Comparé à la mort de mon père, je trouve que ma mère a eu plus de réconfort, d'amour, et surtout, elle n'a pas souffert. Merci mon Dieu.

 

Il y a deux ans, cette fois, c'est mon frère qui apprend qu'un cancer du pancréas est inopérable. Il reçoit quand même de la chimio afin de prolonger ses jours . Mais ce cancer est foudroyant. En l'espace de quelques mois, il nous quittait lui aussi. Il était introverti, parlait peu ; mais j'ai eu le temps de lui parler, de lui faire plaisir, de l'emmener à sa chimio, de passer un dernier Noël. Heureusement, il avait une conjointe qui l'adorait et qui a pris soin de lui jusqu'à la fin. 

 

Ces trois personnes que j'aimais tant sont partis à 60 ans, exactement le même âge où j'ai été diagnostiquée pour un cancer, Je pensais ma dernière heure arrivée. Mais non, j'ai une seconde chance ! La chimio que je reçois est davantage préventive car je n'avais pas de métastases. Elle est cependant super importante car c'est grâce à elle que la récidive n'aura pas lieu. Merci à la science et merci à Dieu aussi !