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Nathalie, oncologue

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Paris - France

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Profil de Nathalie, oncologue


Spécialité : oncologue

En préambule…

 

Je suis une femme médecin, de 40 ans bientôt, avec 3 enfants, qui a fait le choix depuis plus de 10 ans de travailler en oncologie avec une conviction profonde : celle d’être auprès de chacun de mes malades dans tous les moments de la maladie, que nous soyons vainqueurs… ou vaincus.

Je n’ai pas encore eu le sentiment de croiser des existences ordinaire depuis que je fais ce métier, car chacun de ces hommes et de ces femmes qui entrent par malheur dans cette maladie en devient magnifié. Mes rencontres n’ont jamais été plus riches que celles que je fais avec mes malades. Chacun à sa façon m’inspire un véritable respect pour la combativité, la force de vie qu’ils nous transmettent souvent, leur courage à tenir leur rang social et en même temps les contraintes des traitements. Parfois diminués, souvent anxieux, ils font front.

Ils sont à la recherche d’un repos, d’une pause, d’une fenêtre de liberté dans ce rituel hors vie : de la maison vers l’hôpital de jour de chimio, vers la maison, puis vers l’hospitalisation, et encore vers le cabinet de radiologie et vers le mien. Je mesure à chaque fois leur courage et je me fais un devoir d’être leur coach et parfois mon cabinet devient l’endroit où ils explosent de colère, de tristesse, d’épuisement.

Je ne connais pas de cancérologue qui n’ait pas une histoire personnelle qui a construit son parcours. Moi, je le vis comme ça. Je suis souvent en colère, intérieurement bien sûr, mais mon salut à moi est d’avoir, lorsque je rentre à la maison, trois énormes boules d’énergie qui me ramènent vite dans ma vie et me permettent demain d’être mieux pour la vôtre.

J’attache beaucoup d’importance à la première consultation d’un nouveau patient, pour laquelle je consacre environ 45 minutes. Elle me permet d’abord de bien faire comprendre au patient les rouages de son traitement et quelques fois de la maladie, mais aussi de l’écouter et de comprendre dans quel univers j’évolue, pour que plus tard, notre rencontre soit moins formelle et que nos échanges soient d’autant plus efficaces, dans l’intérêt du malade.

Je donne toujours mon numéro de portable à mes patients sans donner de limites. Ils savent à un moment ou l’autre que j’ai des enfants et sont tous respectueux de cela, et chaque appel que j’ai reçu a toujours été un appel utile qui permettait de dédramatiser une situation qui aurait pu prendre une dimension catastrophique. Mes confrères disent que je suis cinglée de faire cela, mais qu’importe. Mes enfants ont appris à arrêter de crier si un patient appelle ! Et tout le monde s’en porte pour le mieux.

J’ai de grandes hésitations au moment de commencer ce blog. D’abord quel cas choisir de vous rapporter[1] et puis surtout sur quel ton ?

Il ne s’agit pas d’un article médical mais un texte pour le grand public, et peut être pour vous qui traversez la maladie et qui vous êtes souvent demandé ce que nous pensons, ce que nous vivons derrière le bureau qui nous sépare.

Je n’aurai pas la prétention de vous rapporter un standard de comportement médical, mais je voudrais aborder quelles réflexions guident nos choix thérapeutiques, quelles en sont les supports et les limites, mais peut être aussi, dans les espaces de vie si forts que nous traversons ensemble, quel est notre chemin d’être humain qui nous permet d’être auprès de chacun de vous, avec l’assurance, la bienveillance et surtout la compassion que vous méritez.

 

Avertissement : ce blog est un témoignage qui ne doit pas être interprété comme une recommandation pour un cas particulier. Seule votre équipe médicale connaît assez votre cas pour vous prendre en charge. Si vous avez des questions vous devez d’abord les poser à votre médecin traitant.

 

 

Photo : Natalia Bratslavsky - Fotolia.com



[1] Les prénoms des patients sont modifiés.

   

Mes patients m'ont souvent demandé mon avis sur "Anticancer" de DSS[1] avant que je ne me mettre à le lire pour pouvoir leur répondre autre chose que : connais pas...

Et de cette lecture, je suis sortie d'abord frustrée d'être passé à côté de tant de moyens supplémentaires d'améliorer la prise en charge de mes malades. Puis j'ai épluché une à une la littérature et les articles médicaux qui consolidaient cet ouvrage pour enrichir ma pratique médicale d'une dimension que je ne soupçonnais pas et me permet d'offrir aujourd'hui à mes patients des outils tout aussi importants que la chimiothérapie qu'il reçoivent pour lutter contre le cancer.



[1]  « Anticancer » , de David Servan-Schreiber, Editions Robert Laffont.