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stela |
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Angoulême |
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Profil de stela
Bonjour,
On pense que cela n'arrive qu'aux autres, et un jour on est l'autre.
Voila un peu mon histoire.
J'ai 45 ans, mariée et deux enfants, et c'est la première fois que je témoigne sur internet.
Jusqu'en 2002 nous habitions en région parisienne, je travaillais au siège social d'une banque, mon mari aussi. En 1998, suite à un plan social, mon mari est parti en pré-retraite, et j'ai continué à travailler. Mais le rythme de travail, le stress, les transports, etc... ont fait que mon mari s'occupait de la maison et surtout des enfants, et que je n'étais pas souvent là.
En 2002, nous avons pris la décision de nous installer en province, cela a été très dur pour moi au début, car comme je n'avais pas réussi à avoir de mutation, il a fallu que je démissionne, et donc d'hyper activité, je me suis retrouvée un peu abandonnée. Mais par contre je profitais enfin de ma famille. Je disais que je prennais ma retraite en avance, et maintenant je me dis que j'ai bien fait d'en profiter.
On m'a proposé de remplacer notre cantinière, un jour qu'elle était souffrante, et à partir de là, j'ai retrouvé très vite du travail, je suis aide à domicile, et cuisinière au centre de loisirs, et je continue à faire des remplacements.
Tout allait très bien, les enfants sont très contents d'être ici, mon mari aussi, et moi je n'ai jamais autant eu d'amis.
En 2004, j'ai eu une hystérectomie, car mon utérus était énorme, et surtout rempli de kystes, donc pour éviter tout risque de cancer, et surtout parce que je ne supportais plus les curetages tous les ans, j'ai préféré subir cette opération.
Mais voilà en juillet 2008, je m'aperçois que j'ai une boule sous le sein gauche, j'ai à peine eu le temps de le dire à mon mari, qu'il était déjà au téléphone pour prendre rendez-vous chez le médecin, et le lendemain à la mammographie, quand le radiologue m'a demandé le nom de mon gynéco, j'ai vite compris.
j'ai compris que j'étais devenu l'autre.
Curieusement, moi qui avait toujours pensé que je serais anéantie, je me suis retrouvée avec un moral d'acier, à soutenir mes proches, à continuer de vivre normalement.
Et là j'ai vu la vie sous un autre jour, je ne pouvais pas laisser mes enfants, mon mari a besoin de moi aussi, je me suis sentie "indispensable", et cela m'a donné la force de me battre, et surtout de gagner.
Aujourd'hui j'ai fini tous les traitements, mais je vois tout différement, je prend plus le temps de vivre, de parler avec mes proches et mes amis, de m'occuper de moi.
Aujourd'hui, j'ai voulu témoigner que l'on peut s'en sortir avec un entourage personnel qui nous soutient, et que garder un moral d'acier est vraiment très important.
Aujourd'hui, je veux aider les personnes atteintes d'un cancer et qui se sentent seules, afin de leur apporter un réconfort, de l'énergie, des conseils, et surtout leur dire que la vie est belle, et qu'il faut s'accrocher, car les traitements sont lourds, mais ca vaut le coup de se battre.
Comme je le dis dans mon profil, en juillet 2008, on me détecte un cancer du sein gauche, un carcinome lobulaire grade 2.
Tout d'abord mammographie, ensuite biopsie pour confirmer.
Sauf qu'à la scintigraphie, oups, un deuxième cancer, dans une autre glande mammaire.
Donc opération, (et j'ai la chance d'avoir eu un chirurgien qui a pu me sauver le sein, et surtout qui me l'a reconstruit en même temps, merci à lui) des cancers, et ablation de la chaîne de ganglion.
Première chimio, je suis sortie de la clinique tout allait très bien, mais j'ai vite déchanté, vomissement pendant 48h, (fini le poisson, je ne peux plus en manger depuis) et là ça à été très dur, je me voyais ne pas réussir à reprendre le dessus. Les infirmières ne disent pas grand chose, et répondent que tout le monde est différent, mais quand même, entre "vous pouvez avoir des nausées", et vomir 48h il y a une marge.
et au 14ème jour, me voilà que me met à ressembler à Caliméro, "crane d'oeuf". Pourtant là j'étais préparée, puisque j'avais déjà acheté la perruque, mais là aussi ça a été dur, mon mari et ma fille l'ont très bien accepté, mais mon fils ne l'a pas supporté, il ne m'a plus vu sans rien sur la tête. De toute façon comme il est étudiant, il n'est plus à la maison, donc ce n'était pas contraignant pour moi.
2ème et 3ème chimio, pas trop mal, ce coup ci j'étais préparée, je m'agrissais la première semaine (chouette), mais ma petite famille me gavait les deux autres semaines, pour "reprendre des forces".
A partir de la 4ème, je suis passée au taxotère, et là c'est très dur, fatigue, fièvre, baisse de tension, et j'en passe. Les 3 dernières ont été pour moi très éprouvantes, moi qui avait un super moral, je commençais à croire que je ne pourrais jamais y arriver.
Mais je m'en suis remise.
Ensuite la radiothérapie, et là tout allait bien, je rencontrais du monde tous les jours, il y avait des échanges, je remontais le moral de ceux qui avaient des doutes, j'allais à l'espace ERI, si il n'y avait pas eu les brûlures, ce moment du traitement a été pour moi un bienfait, j'étais resté presque 6 mois enfermée chez moi, et là je pouvais de nouveau communiquer avec l'extérieur, ça m'a redonné un coup de fouet énorme.
Le plus dur est presque maintenant, tous les traitements sont finis, et je me suis sentie abandonnée, on ne nous prépare pas à 'l'après traitement", et à la déprime qui peut surgir.
J'ai pris 7 kilos, j'ai repris trop de force, le médecin me dit de m'inscrire à la piscine ou dans des clubs de gym, mais il oublie qu'après 6 mois, je ne reçois plus d'indemnité journalière, il me manque 20 heures en 2007, alors que j'ai travaillé pendant plus de 20 ans à plus que plein temps.
Et là la colère m'a prise, j'ai presque eu l'impression qu'il fallait que je m'excuse de m'en être sorti, il n'existe aucune cure thermale pour cancéreux, aucune réduction dans les clubs de gym et les piscines. Les services médicaux sont réservés quand nous sommes sous traitement et après plus rien.
Depuis je me bats pour que les personnes ayant ou n'ayant plus de traitement puissent accéder à tous ses services, je suis toujours en contact avec l'ERI, et il faut que je voie avec la Ligue, si on peut faire quelque chose, mais faire bouger est très difficile.
j'ai besoin de soutien, car j'ai plein d'idée, mais je ne sais pas comment les développer.
Suite à cette colère, je suis en rapport avec l'ERI, pour essayer de trouver un terrain d'entente, et pouvoir démarcher tous ceux qui pourraient aider les malades et aussi ceux pour qui les traitements sont finis, et qui sont dans la détresse.
Avec une amie sophrologue nous avons mis en place une association pour venir en aide aux malades et aux personnes en souffrance.
Car après m'être renseigner, beaucoup de personnes sont en déprime, voir en dépression après.
Car on oublie, qu'il n'existe pas de cure thermale pour remise en forme de personnes cancéreuses, alors on m'a proposé une cure pour la peau, mais, l'hébergement reste à notre charge.
Donc les personnes qui ne touchent plus ou pas grand chose d'indemnités journalières, ne peuvent pas prétendre à ces cures.
Et là en cherchant, j'ai trouvé un hôtel qui propose un programme de remise en forme pour tous, yoga, pilates, marches, etc... et pour des prix très intéressants. (j'ai mis l'adresse dans mes conseils).
Et là je veux remercier M. Servan Schreiber d'avoir ouvert un site pour tous, au lieu d'une clinique pour quelques uns.
Merci encore.
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