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DAVID SERVAN-SCHREIBER
 
Communiqué de l'Académie de Médecine au sujet de l'eau
06/07/2009
Mots clés : Eau, cancer
L'académie de médecine, l'académie de pharmacie et l'académie de l'eau ont publié un communiqué de presse le 3 juillet qui met en cause les positions prises par le comité scientifique réuni par Guerir.Fr et le WWF-France. Je tenais à vous faire part de nos réponses.
 
Chères Amies, Chers Amis,

Le 3 juillet, l’Académie de Médecine, l’Académie de Pharmacie, et l’Académie de l’Eau ont fait circuler un communiqué de presse intitulé « Mise au point » au sujet de l’eau et de la santé des personnes atteintes d’un cancer. Je vous laisse le lire pour en constater par vous même la virulence. Le premier paragraphe donne le ton :

"L’Académie nationale de médecine, l’Académie nationale de pharmacie et l’Académie de l’eau considèrent que les récentes recommandations de consommation sur l’eau potable adressées aux personnes atteintes de cancer constituent à la fois un déni de la science, un mépris de la médecine et une atteinte au respect des patients."

Serge Orru, Directeur du WWF-France, Annie Sasco, et moi avons répondu à la journaliste du Monde qui nous interrogeait à ce sujet. Son article doit paraitre aujourd'hui.

Je voulais vous faire part de ce communiqué afin que vous ne soyez pas surpris, et aussi vous indiquer les réponses que nous avons faites.

Très amicalement,

David

D’abord, il est important de souligner que notre position et celle de ces académies sont en accord sur le fond du problème. Le communiqué des académies reprend effectivement :

1. le fait qu’il existe en France un problème avec des dépassements des normes réglementaires de plusieurs contaminants de l’eau potable – nitrites et pesticides notamment

2. que ces dépassements sont inadmissibles et que la situation doit être corrigée

3. implicitement, le communiqué reconnaît aussi que les personnes dont la santé est fragilisée peuvent être affectées par la présence de contaminations dans l’eau

Les différences profondes de point de vue entre les académies et nous sont les suivantes :

1. Nous sommes en accord avec le rapport de l’AFSSET sur « cancers et environnement » publié le 2 juillet qui cite spécifiquement le problème des pesticides dans l’eau et demande l’application du principe de précaution qui fait partie de la constitution de la République Française depuis 2005.

Dans leur communiqué les académies se prononcent, elles, contre l’application du principe de précaution dans le domaine des contaminants de l’eau potable (même dans la version limitée que nous prônions : c’est à dire, pour les malades atteints d’un cancer, dans certaines régions, à certaines périodes de l’année).

2. Les académies nous reprochent d’avoir eu recours au débat public par l’intermédiaire de la presse grand public plutôt que de limiter notre communication à des débats entre scientifiques. Nous faisons valoir que les rapports scientifiques sur la contamination de l’eau en France, sur l’impact des nitrates et des pesticides sur la santé (et sur le cancer en particulier), existent depuis les années 70. Malgré cela, la vente des pesticides en France (4e consommateur mondial) a encore augmenté de 14% en 2008.

Les rapports scientifiques et les débats entre experts sont nécessaires mais ils ne sont pas suffisants. Nous avons apporté ces informations au grand public et aux patients concernés par le cancer, sans polémique. Nous pensons qu’il appartient à chacun de se faire son idée sur l’importance du principe de précaution. Et que seul le débat public est susceptible de faire changer des pratiques que tous reconnaissent comme inacceptables, notamment l’épandage d’engrais à base de nitrates et de pesticides à proximité des zones de captage d’eau potable.

Nous avons souligné aussi que lorsque certains d’entre nous ont attiré l’attention du public l’année dernière sur le principe de précaution en matière de téléphonie mobile, nous avons fait l’objet des mêmes critiques de la part de l’Académie de Médecine (avec les mêmes mots « démarche marketing »). Dans l’année qui a suivi, les faits scientifiques que nous avions cités ont été largement repris par les institutions, y compris au sein des recommandations du ministère de la santé.
 
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