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DAVID SERVAN-SCHREIBER
 
Deux conseils très simples pour stimuler la mémoire
24/10/2009
Mots clés : conseils, mémoire
Avancer en âge ou avoir fait une chimio ont un point commun : ça n’arrange pas la mémoire. Deux conseils très simples permettent souvent de mieux fonctionner.
 
Peu de temps après ma première série de traitements pour mon cancer, alors que j’habitais encore aux Etats-Unis, j’avais pris la voiture pour partir en week-end avec ma femme. Nous nous étions arrêtés pour prendre de l’essence et elle était allée se rafraichir aux toilettes. Après avoir réglé mon « plein », je suis remonté au volant et j’ai commencé à quitter la station alors même qu’elle ressortait du bâtiment. Ce n’est que parce qu’elle s’est mise à courir derrière la voiture que je me suis tout d’un coup rendu compte que j’avais oublié ma femme dans la station d’essence !

Cet exemple est sans doute un peu extrême, mais, selon les études, entre 20 et 70% des patients qui ont fait une chimiothérapie, par exemple, se plaignent de trouble de la mémoire et de l’attention qui peuvent les gêner considérablement dans leur vie privée ou encore plus lorsqu’ils retournent à leur vie active.

De la même façon, près de la moitié des gens après soixante ans se plaignent d’une baisse de leur mémoire et de petits oublis régulièrement dans la journée (comme de savoir où l’on a posé ses lunettes ou garé sa voiture… ou bien se souvenir qu’il fallait passer acheter du pain en rentrant du bureau)

Deux conseils m’ont formidablement aidé et ils ont aidé beaucoup de mes patients aussi. Je les livre à votre expérimentation, et j’aimerais beaucoup que vous me disiez si ca marche aussi pour vous, afin que tous les internautes qui lisent ce message puissent avoir une idée de si ca pourrait marcher pour eux aussi.

Comment se rappeler où on a mis ses lunettes ou garé sa voiture ?

Le cerveau humain est cablé de telle façon que nous ne nous souvenons vraiment bien que de ce que nous nous sommes racontés (ce que nous avons mis en mots). De fait, nous n’avons pas ou très peu de souvenirs de ce qui nous est arrivé quand nous étions enfants avant l’âge d’acquisition du langage. De la même façon, on ne se souvient que des rêves qu’on se raconte ou qu’on a raconté à quelqu’un très peu de temps après les avoir vécus. Et si on empêche une personne de se raconter ce qu’elle est en train de faire, elle est beaucoup moins capable de s’en souvenir par la suite.

Donc, pour vous souvenir de quelque chose auquel vous tenez, racontez vous le de façon très explicite, comme dans « je mets mes lunettes sur le piano » (pas besoin de le dire tout haut, ce qui aurait surtout pour effet d’inquiéter votre entourage…), ou « j’ai garé la voiture devant la boulangerie »). Plus vous mettrez de détails et plus il y a de chances que vous vous en souveniez facilement. Ca demande un petit effort, surtout au début, mais ca vaut largement la peine…

Comment se souvenir qu’il faut prendre ses graines de lin le matin au petit déjeuner ?

Là c’est différent. Pour déclencher un « souvenir » dans le futur il faut compter sur la capacité du corps et de l’esprit à se projeter dans des événements qui ne sont pas encore arrivés. Cette capacité de se projeter dans le futur est d’ailleurs, avec la parole, la deuxième caractéristique principale qui distingue la pensée humaine de celles des animaux…

Pour cela, il faut faire l’effort de s’imaginer en train de vivre le moment dans le futur où il faudra initier l’action voulue. Il faut imaginer dans ses muscles où on va se trouver, et quels gestes on va faire. Exactement comme on s’imaginerait en train de faire un coup droit au tennis (quand on regarde l’activité du cerveau dans ces moments là, on voit les neurones de l’action motrice se mettre en marche, même si pas un seul muscle ne bouge…).

Ce souvenir dit "idéomoteur" devient alors un déclencheur de l’action lorsqu’on se retrouve dans la situation anticipée (un peu comme on se réveille souvent juste avant la sonnerie du réveil, simplement parce qu’on s’est imaginé à quelle heure on allait se lever).

Et puis, bien sûr, il faut penser à protéger et stimuler ses neurones par tous les autres moyens : un peu de curcuma tous les jours dans la cuisine (au moins une demi-cuiller à café par personne), du poisson gras deux à trois fois par semaine, de l’activité physique régulière, et continuer d’apprendre des choses nouvelles souvent… J’espère que ces conseils vous seront utiles. Dites moi quelles ont été vos expériences.
 
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