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DAVID SERVAN-SCHREIBER
 
Le cancer du poumon serait favorisé par la présence de certains conservateurs dans l’alimentation industrielle
10/02/2009
Mots clés : cancer du poumon, conservateurs
Une nouvelle, étude, de l’Université Nationale de Séoul (Corée du Sud), vient d’être publiée dans l’American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine (publié par l’American Thoracic Society). Elle montre que des souris dont le régime contient des conservateurs à base phosphates inorganiques à un niveau comparable à celui d’une alimentation humaine riche en produits transformés stimule la croissance et la prolifération des cancers du poumon non-à-petites-cellules.
 
Le cancer du poumon « non-à-petites-cellules » est le plus courant et un des cancers difficile à guérir (le taux de survie à 5 ans stagne encore à 14%). Plus de 90% de ces cancers sont associés à l’activation d’une voie de signalisation qui est fortement renforcée par la présence dans l’alimentation de ces phosphates inorganiques (en tous cas chez la souris).

Le Dr John Heffner, ancien président de l’American Thoracic Society souligne que ce type de recherche s’adresse aux interactions complexes entre les facteurs de terrain et d’environnement qui sont la cause du cancer chez l’homme.

En effet, l’analyse du Dr Cho vient renforcer celle que je présente dans Anticancer : « le cancer du poumon est une maladie de prolifération incontrôlée dans le tissu pulmonaire et le dérèglement des voies de signalisation dans ces tissus peut donner à une cellule normale des propriétés malignes. » Explique t il. « Il suffit de dérégler une petite partie de ces voies de signalisation pour favoriser la cancérisation, or celle-ci sont régulées par la disponibilité de certains nutriments, qui agit directement sur la prolifération et la croissance des cellules. »

Il continue : « Dans les années 1990, les additifs alimentaires à base de phosphates contribuaient à peu près 470mg par jour au régime moyen d’un adulte. Mais aujourd’hui les phosphates sont ajoutés de plus en plus fréquemment à l’alimentation industrielle. Du coup, en fonction des choix alimentaires d’un individu, la quantité de phosphate ingérée peut atteindre jusqu’à 1 000 mg par jour . »

Pour ma part, en attendant d’autres études plus poussées, il me semble déjà important que toute personne qui est en traitement pour un cancer du poumon non-à-petites-cellules, soit au courant de cette recherche. A chacun ensuite de décider si son attirance pour les aliments industriels avec additifs au phosphate compte plus pour lui que le risque possible de soutien au processus cancéreux révélé par cette étude.

Bibliographie

Jin H, Xu C-X, Lim H-T, et al. High Dietary Inorganic Phosphate Increases Lung Tumorigenesis and Alters Akt Signaling. Am J Respir Crit Care Med 2009;179:59-68.

LES ALIMENTS INDUSTRIELS LES PLUS RICHES EN PHOSPHATE

Les phosphates inorganiques sont utilisés par l’industrie agro-alimentaire pour leur capacité à retenir l’eau et à améliorer la texture des aliments. Ils sont surtout présents dans les viandes et charcuteries industrielles (avec conservateurs), certains fromages industriels (particulièrement les pates à tartiner), les viennoiseries industrielles (celles du supermarché, pas celles de la boulangerie du quartier), presque tous les sodas industriels (Coca-Cola, mais aussi les autres boissons gazeuses et sucrées) ou boissons préparées à base de sirops de fruits, et les aliments préparés avec du lait évaporé (y compris les glaces industrielles).

Il faut aussi éviter les aliments dont la liste d’ingrédients fait figurer des conservateurs à base de phosphate comme :

Calcium phosphate, Disodium phosphate, acide phosphorique, sodium triphosphate, tricalcium phosphate, etc.
 
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