guerir.org : tout faire pour mieux guérir du cancer, et le prévenir
   
     Accueil › David Servan-Schreiber › Les chroniques de David Servan-Schreiber › Le sommeil protège du cancer
   
DAVID SERVAN-SCHREIBER
 
Le sommeil protège du cancer
10/06/2009
Mots clés : sommeil, cancer
La science découvre un nouveau facteur de style de vie qui ralentit la progression du cancer : La mélatonine du sommeil !
 

Il est établi depuis longtemps qu’une quantité de sommeil suffisante (celle qui fait que vous n’avez pas besoin d’un réveil matin pour vous réveiller) est associée à une meilleure santé : moins de diabète, d'hypertension, de risque d’infarctus.

Depuis peu, plusieurs équipes internationales ont découvert que le sommeil protège aussi contre le cancer. Dans une grande étude japonaise, 24 000 femmes ont été suivies pendant huit ans. Pour les femmes qui dormaient moins de six heures par nuit, le risque de cancer était augmenté de 60% (du même ordre que l’augmentation de risque associée à la prise du traitement hormonal de la ménopause), par rapport à celles qui dormaient au moins sept heures.
Celles qui dormaient neuf heures par nuit, étaient, elles, protégées contre le cancer du sein (28% de chances en moins de développer la maladie). [1]

Dans une autre étude, américaine celle-là, la protection contre le cancer due à l’exercice physique modéré (30 minutes de marche rapide ou équivalent, 6 jours par semaine) disparaissait presque complètement chez les personnes qui dormaient moins de 7 heures par nuit. [2]

Pendant le sommeil, et dans de bonnes conditions d’obscurité, le cerveau secrète de façon continue une petite hormone appelée mélatonine. Une exposition à la lumière même limitée à quelques dizaines de secondes annule cette sécrétion. Au Basset Research Institute de l’Etat de New York, le Dr. Blask a pu montrer que la mélatonine agit directement sur les cellules cancéreuses pour en réduire la croissance. La mélatonine réduit aussi l’assimilation par les cellules cancéreuses des acides gras oméga-6 (qui alimentent l’inflammation dans la tumeur et sa croissance). [3 , 4]


Ci-dessus : La glande pinéale qui secrète la mélatonine est située tout à l’arrière du cerveau
Ci-dessous : le cycle de la secretion de la mélatonine

Enfin, des études montrent que la maladie est mieux combattue par ceux qui pratiquent une activité physique régulière.

Les médecins du sport américains appellent donc à une prise en compte systématique de l'activité physique pour le cancer, dans un cadre adapté, de la même façon que la rééducation cardiaque après infarctus fait partie de l'arsenal thérapeutique des cardiologues. Cela suppose une formation des cancérologues pour qu'ils puissent orienter et conseiller leurs patients en toute sécurité, mais également une véritable offre d'activité sportive adaptée, mise en œuvre par des professionnels formés aux spécificités de la personne qui vit avec un cancer. D'ores et déjà, la Fondation du cycliste Lance Armstrong a lançé un programme spécifique.

En Italie, à l’hopital San Gerardo de Milan, l’équipe de recherche du Pr Lissoni étudie les effets de la mélatonine dans le traitement du cancer depuis plus de 20 ans. Leurs études ont pu montrer que pour plusieurs types de tumeurs solides différentes et déjà très avancées (sein, poumon, cancers de la tête et du cou, glioblastomes), le traitement par chimiothérapie ou radiothérapie obtenait souvent de biens meilleurs résultats si les patients recevaient aussi 20 mg de mélatonine le soir au coucher. De plus, les patients sous mélatonine avaient moins de problèmes de toxicité (thrombocytopenie, neuropathies, cardiopathies, saignements des gencives et fatigue profonde). [5 , 6]

Pour les gens comme moi qui se sentent facilement coupables de passer trop de temps au lit, ça fait souvent du bien de simplement se rappeler que le sommeil n’est pas un luxe ou une paresse, mais une fonction fondamentale de restauration du corps.

Bibliographie

1. Kakizaki, M., et al., Sleep duration and the risk of breast cancer: The Ohsaki Cohort Stud. British Journal of Cancer, 2008. 99: p. 1502-1505.

2. McClain, J.J., et al., Association between physical activity, sleep duration, and cancer risk among women in Washington County, MD: A prospective cohort study, in American Association for Cancer Research - Seventh Annual Conference on Frontiers in Cancer Prevention Research. 2008: Washington, DC. p. 157 - Abstract B145.

3. Blask, D.E., et al., Light during darkness, melatonin suppression and cancer progression. Neuro Endocrinol Lett, 2002. 23: p. 52-6.

4. Blask, D.E., S. Wilson, and F. Zalatan, Physiological melatonin inhibition of human breast cancer cell growth in vitro: evidence for a glutathione-mediated pathway. Cancer Research, 1997. 57: p. 1909-1914.

5. Lissoni, P., et al., Decreased toxicity and increased efficacy of cancer chemotherapy using the pineal hormone melatonin in metastatic solid tumour patients with poor clinical status. European Journal of Cancer, 1999. 35(12): p. 1688-92.

6. Lissoni, P., et al., Increased survival time in brain glioblastomas by a radioneuroendocrine strategy with radiotherapy plus melatonin compared to radiotherapy alone. Oncology, 1996. 53(1): p. 43-6.
 
>> Voir toutes les chroniques de David Servan-Schreiber
   
   
Contact       Mentions légales       FAQ       Liens utiles       Partenaires       Comité de surveillance       HON