guerir.org : tout faire pour mieux guérir du cancer, et le prévenir
   
     Accueil › David Servan-Schreiber › Les chroniques de David Servan-Schreiber › Les réseaux d'ami(e)s importants pour lutter contre le cancer
   
DAVID SERVAN-SCHREIBER
 
Les réseaux d'ami(e)s sont aussi importants que l'amour des proches pour lutter contre le cancer
21/05/2009
Mots clés : amis, soutien
Ce n’est pas le stress qui peut pousser un cancer à grandir plus vite, mais plutôt le sentiment d’impuissance que nous développons parfois face au stress. Lorsqu’il se prolonge trop longtemps, les anomalies du cortisol qui l’accompagnent généralement peuvent empêcher le système immunitaire de faire son travail et augmenter l’inflammation dans le corps. La meilleure défense contre le sentiment d’impuissance, c’est de trouver du soutien autour de soi. C'est ce que vous propose le site www.guerir.fr.
 
Pour certaines personnes, comme Mish dont j’ai cité la lettre au chapitre 5 d’Anticancer, c’est l’amour d’un proche -- mari ou femme, fille ou fils -- qui nous tient la main à chaque étape et nous permet de poser notre tête fatiguée sur son épaule qui nous permet de traverser les épreuves sans nous sentir impuissant. Mais des études récentes montrent que le réseau de nos amis ou amies peut parfois jouer un rôle aussi important dans la guérison ou la survie, bien au delà des statistiques.

Dans un livre publié en 2009, Jeffrey Zaslow raconte l’histoire de 11 amies d’enfance aux Etats-Unis qui se sont éparpillées dans tout le pays après le lycée. [1] Leur amitié a survécu pendant près de quarante ans à tous les hauts et bas de la vie : les succès et les échecs universitaires, les mariages, les divorces, et les difficultés des enfants. En septembre 2007, Kelly, l’une d’entre elle entend son médecin lui dire qu’elle à un cancer du sein et qu’elle va avoir besoin du soutien de sa famille. Mais au lieu de se tourner vers sa famille, ce sont ses vieilles copines que Kelly prévient par email, aussi loin soient-elles. Et c’est comme si elle recevait une « douche d’amour instantanée », par email, par téléphone, par la poste sous la forme de cartes et de colis. Quand sa chimiothérapie lui donne des aphtes douloureux, une des filles lui envoie un appareil pour faire des milk-shakes qui adoucissent les muqueuses. Une autre, qui a perdu sa fille d’une leucémie, lui tricote un bonnet de laine pour qu’elle n’ait pas froid quand elle perdra ses cheveux, et une troisième des pyjamas dans un tissu spécial pour l’aider pendant les sueurs nocturnes… Et Kelly raconte aussi qu’il lui est souvent plus facile de parler à ses copines qu’à ses médecins de ce qu’elle vit. « Nous nous connaissons depuis si longtemps qu’avec ces femmes on peut parler de n’importe quoi » dit elle gaiement. [2]

La recherche confirme le rôle majeur que peut jouer un réseau d’amies ou d’amis. Dans la grande étude sur les infirmières américaines (« Nurses Health Study »), les femmes avec un cancer du sein qui pouvaient citer dix amis (ou amies) avaient quatre fois plus de chances que les autres d’avoir survécu à la maladie que les autres. Et la proximité de leurs amies n'y était pour rien. C’est le simple fait d’être en lien qui semble être protecteur. [3] Et pour les hommes aussi, l’amitié joue un rôle majeur. Aussi important dans la protection contre les maladies cardiaques, dans une étude suédoise de 736 hommes, que le fait d’être marié. [4] Seul le fait de fumer, dans cette étude, affectait autant la santé que le fait de se sentir seul.

C’est en ayant ces études à l’esprit que nous avons voulu créer www.guerir.fr à la suite de la publication d’Anticancer. Mon objectif : que personne n’ait plus à se sentir seul. Que tout le monde puisse avoir accès à une communauté « d’amis ». Quelle que soit sa situation personnelle.

En participant à vos échanges et en lisant vos messages, j’ai le sentiment que nous pouvons réussir. Merci à tous ceux qui contribuent à cette aventure !

Bibliographie

1. Zaslow, J., The Girls from Ames: A Story of Women and Friendship. 2009, New York, NY: Penguin Group.

2. Parker-Pope, T., What Are Friends for? A Longer Life, in The New York Times. 2009: New York, USA.

3. Kroenke, C.H., et al., Social networks, social support, and survival after breast cancer diagnosis. Journal of Clinical Oncology, 2006. 24(7): p. 1105-11.

4. Orth-Gomer, K., A. Rosengren, and L. Wilhelmsen, Lack of social support and incidence of coronary heart disease in middle-aged Swedish men. Psychosomatic Medicine, 1993. 55(1): p. 37-43.
 
>> Voir toutes les chroniques de David Servan-Schreiber
   
   
Contact       Mentions légales       FAQ       Liens utiles       Partenaires       Comité de surveillance       HON