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DAVID SERVAN-SCHREIBER
 
Même une activité physique minime fait un bien fou à la santé
26/11/2009
Mots clés : activité physique, santé
Pour stimuler ses défenses naturelles et booster sa santé, il ne faut pas forcément se mettre au jogging. L’activité physique dans les gestes quotidiens peut déjà faire une grande différence.
 
Tout le monde sait maintenant que l’activité physique permet d’activer tous les mécanismes naturels de défense contre les maladies : que ce soit les infections ou les maladies cardiaques ou le cancer (ou le diabète, l’hypertension, le stress, la dépression etc.)

Mais la plupart des gens continuent de se sentir intimidé par l’idée de « se mettre au sport ». Beaucoup se disent que le sport, ce n’est pas pour eux.

Ce mois ci, le Dr Jeremy N. Morris est mort, au bel âge de 99 ans et demi (sa fille insiste sur le fait qu’il tenait beaucoup au "demi"…). Il a été le premier à montrer, dès 1953, que ce n’est pas tant le « sport » qui profite formidablement à la santé, mais, tout simplement, le niveau d’activité physique, même lorsque celle-ci fait partie de la vie quotidienne. [1]

Au cours de sa première étude, il a comparé la santé des conducteurs d’autobus londoniens qui conduisaient des bus « plats », ou bien les fameux bus rouge à étage (les « double-deckers ») qui sont devenus un symbole de la ville de Londres. Tous les conducteurs avaient des conditions de vie comparables, des origines sociales comparables, des habitudes alimentaires (et de tabac et d’alcool) comparables etc. Mais ceux qui conduisaient des bus à étage, sans presque s’en apercevoir, montaient 600 marches par jour dans leur autobus pour vérifier les tickets… Et, au cours d’une période d’observation de 5 ans, ils avaient fait moitié moins d’infarctus du myocarde !

Mais les patients ne sont généralement pas dans une démarche de performance sportive. Ce qui est plus intéressant pour eux, c'est que l'exercice apporte également des progrès en terme de qualité de vie dans le contexte de la maladie : amélioration du confort quotidien, réduction de la fatigue et le l'anxiété, amélioration de l'image de soi.

Par la suite, Morris a montré le même type de résultat chez des travailleurs postaux. Même si ils étaient tous comparables au départ, ceux qui livraient le courrier à pied ou en vélo plutôt que de travailler derrière un bureau à la poste du quartier étaient eux-aussi considérablement protégés contre les maladies cardiaques.

Cette semaine, une nouvelle étude vient d’être publiée dans le Journal of Urology sur le cancer de la prostate. [2] Les chercheurs et cancérologues de l’université de Duke confirment à nouveau qu’une quantité modérée d’activité physique peut réduire le risque d’avoir un cancer de la prostate agressif de plus de 85% ! Il s’agissait d’activités se situant entre une heure de marche à un pas normal par semaine (vraiment un minimum !) à 60 minutes de jogging réparties sur la semaine (ou avoir passé un total de une heure sur toute la semaine à monter des marches). On aurait donc sans doute retrouvé le même bénéfice pour la prévention du cancer de la prostate chez les conducteurs de bus à étage Londonien si on l’avait cherché à l’époque…

Même le ménage compte ! Dans une étude sur des femmes de ménage travaillant dans des hôtels de Boston, les chercheurs ont pu montrer que le fait même de se rendre compte qu’elles faisaient de l’activité physique lorsqu’elles nettoyaient des baignoires ou changeaient des lits améliorait notablement leur santé au bout de quelques mois (perte de poids, réduction de la masse graisseuse et de la tension artérielle). [3]

Et si nous devenions tous des conducteurs de bus Londonien ? Nous pouvons tous trouver une façon de monter quelques marches un peu tous les jours, ou marcher un peu plus pour aller travailler (ou aller retrouver des amies), ou prendre son vélo pour aller faire les courses. Et c’est déjà un pas important vers une bien meilleure santé !

Bibliographie

1. Hevesi, D., Jeremy Morris, Who Proved Exercise Is Heart-Healthy, Dies at 99½ in The New York Times. 2009: New York, USA.

2. Antonelli, J.A., et al., Exercise and Prostate Cancer Risk in a Cohort of Veterans Undergoing Prostate Needle Biopsy. Journal of Urology, 2009. 182(5): p. 2226-2231.

3. Crum, A.J. and E.J. Langer, Mind-Set Matters: Exercise and the Placebo Effect. Psychological Science, 2007. 18: p. 165-171.
 
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