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DAVID SERVAN-SCHREIBER
 
Mesurer le rapport entre les acides gras oméga-6 et oméga-3 (et agir pour l'améliorer !)
18/09/2008
Mots clés : omégs-3, oméga-6
Un des principaux déterminants de l’inflammation “silencieuse” dans le corps qui favorise le développement du cancer est le rapport entre les acides gras oméga-6 (pro-inflammatoires) et les acides gras oméga-3 (anti-inflammatoires). Voici comment mesurer et agir sur ce facteur clé.
 
Depuis la deuxième guerre mondiale, les animaux dont sont issus la viande, le beurre, le lait, le fromage, la crème et les œufs, ne se nourrissent presque plus d’herbe et de feuilles, mais seulement de soja et de maïs. Contrairement à l’herbe, qui est très riche en oméga-3, les maïs n’en contient pas du tout, et le soja très peu. Du coup, les produits animaux de notre alimentation sont fortement déséquilibrés avec beaucoup trop d’oméga-6 et très peu d’oméga-3. Comme ces aliments forment (à tort) la base la plus importante de l’alimentation occidentale, les études montrent que nous sommes presque tous déséquilibrés dans notre organisme, avec un excès considérable d’oméga-6. En moyenne, en occident, nous avons 10 à 15 fois plus d’oméga-6 dans notre corps que d’oméga-3. C’est une des raisons pour lesquelles toutes les maladie qui se nourrissent d’inflammation (arthrite, allergies, troubles cardiaques, Alzheimer, dépression, et cancer) sont en augmentation constante dans nos pays.

Pour vérifier votre propre rapport oméga-6/oméga-3, vous pouvez vous faire faire une prise de sang dans un laboratoire de votre quartier et lui demander d’envoyer l’échantillon à un laboratoire spécialisé qui mesure les oméga-6 et oméga-3 dans les hématies (attention, pas dans le sérum, mais bien dans la membrane des hématies, c’est à dire des globules rouges). Ce rapport reflète assez fidèlement les proportions d’oméga-6 et oméga-3 un peu partout dans le corps, y compris dans le cerveau.

Si le rapport oméga-6 (total) / oméga-3 (total) est supérieur à 10, votre corps est en état d’inflammation, au moins “silencieuse”, si ce n’est manifeste (arthrite ou autre maladie). Pour vous protéger au mieux d’un cancer, il faut idéalement faire descendre ce rapport en dessous de 3. A la dernière mesure (Septembre 2007), le mien était de 2,4. En cas de phase active du cancer, certains praticiens naturopathes avec qui j’ai travaillé recommandent de faire descendre ce rapport en dessous de 1 (d’avoir donc plus d’oméga-3 que d’oméga-6 dans le corps).

Mais attention, lorsque le rapport descend trop bas – en dessous 0,5 – il risque d’augmenter le risque d’hémorragies, comme on le voit chez certains esquimaux (un des premiers symptômes sont les saignements de nez).

Comment agir sur le rapport oméga-6/oméga-3 ?

Les oméga-6 et oméga-3 dans notre corps proviennent exclusivement de nos apports alimentaires. Ils sont donc une réflexion exacte de ce qui se trouve dans notre assiette.

Pour faire baisser le chiffre, il suffît donc de réduire toutes les sources d’oméga-6 pro-inflammatoires dans notre assiette (viandes rouges surtout si élevées de façon industrielle et qui n’est pas labélisée « oméga-3 », produits laitiers et œufs qui ne sont pas « oméga-3 », huile de tournesol, de maïs, de carthame et de soja – utiliser plutôt l’huile d’olive, l’huile de colza, ou un mélange des deux). Et il faut simultanément augmenter toutes les sources d’oméga-3 : poissons gras (sardines, anchois, maquereaux, saumon) deux fois par semaine, œufs oméga-3, noix, mâche, légumes verts, huile de colza, huile de lin, graines de lin.

Certaines personnes (dont moi) utilisent aussi des compléments alimentaires d’oméga-3 (à peu près un gramme par jour de la combinaison EPA/DHA) pour s’assurer d’un apport constant et régulier, même lorsqu’elles sont en voyage et ne peuvent pas aussi bien contrôler leur alimentation quotidienne. Vous pouvez ensuite mesurer à nouveau votre rapport oméga-6/oméga-3 après une période de au moins deux mois pour avoir donner le temps à votre biologie de refléter les changements dans votre assiette.

Si vous avez bien suivi les recommandations nutritionnelles, le chiffre devrait évoluer à la baisse rapidement, et vous devriez aussi noter des changements positifs comme des cheveux plus soyeux, des ongles plus solides, une peau plus douce et régulière, et une meilleure humeur !
 
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