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DAVID SERVAN-SCHREIBER
 
Quelle quantité de thé vert pour un effet anticancer ?
30/10/2008
Mots clé : thé vert
On me pose souvent la question : « dans quelle mesure exacte une alimentation ‘anticancer’ réduit elle les risques de progression d’un cancer ou de rechute ? »
 
Je vous propose de répondre en plusieurs temps, en commençant, aujourd'hui, par des données quantitatives sur le thé vert.

Pour référence, on sait par exemple que de prendre un traitement hormonal substitutif après la ménopause augmente le risque de développer un cancer du sein entre 15 et 40% (un facteur de 1,15 à 1,4). Fumer, par contre, augmente le risque de cancer du poumon (15 à 35 ans plus tard) par un facteur de 15 approximativement. Quid d’un régime avec plus de thé vert ? Avec un index glycémique plus bas ? Avec moins d’oméga-6 ou plus d’oméga-3 ?

On peut se faire une idée approximative à partir de différentes études sur l’alimentation faites non pas chez l’animal comme la plupart, mais dans des populations humaines.

Pour le thé vert, on peut se référer à deux études par exemple: une chez les femmes japonaises déjà diagnostiquées avec un cancer du sein. Celles qui consommaient au moins trois tasses de thé vert par jour et dont le cancer était encore à un stade précoce (non metastasé) on fait 57% de rechutes en moins que celles qui consommaient seulement une tasse ou moins par jour (Inoue et al., 2001). Pour les hommes, une autre étude japonaise (c’est le pays où il est le plus facile de faire des études sur le thé vert…) a constaté que ceux qui font un cancer de la prostate bénéficiaient notablement de la consommation de CINQ tasses ou plus par jour. Celles-ci réduisaient de 50% leur risque de voir leur cancer de la prostate atteindre un stade avancé (Kurahashi et al., 2007)

Effectivement, comme le souligne un article du Dr. Béliveau dans le Lancet (2004), les quantités de polyphénols de thé vert obtenues avec simplement trois tasses (de 120 ml - volume normal d'une tasse de thé européenne) dans la journée sont suffisantes pour bloquer en grande partie l’activité du récepteur VEGF. Ce récepteur permet aux cellules cancéreuses d’envahir les tissues avoisinants, et stimule aussi la fabrication des nouveaux vaisseaux sanguins dont elles ont besoin pour se développer en tumeurs dangereuses. Une grande partie des fameux « traitements ciblés » du cancer développés par l’industrie pharmaceutique se concentrent aussi sur le blocage, par d’autres voies biochimiques, de ce récepteur.

Bibliographie

1. Inoue M, Tajima K, Mizutani M, et al. Regular consumption of green tea and the risk of breast cancer recurrence: follow-up study from the Hospital-based Epidemiologic Research Program at Aichi Cancer Center (HERPACC), Japan. Cancer Letters 2001;167(2):175-82.

2. Kurahashi N, Sasazuki S, Iwasaki M, Inoue M, Shoichiro Tsugane for the JSG. Green Tea Consumption and Prostate Cancer Risk in Japanese Men: A Prospective Study. Am J Epidemiol 2007;167(1):71-7.

3. Beliveau R, Gingras D. Green tea: prevention and treatment of cancer by nutraceuticals. Lancet 2004;364(9439):1021-2.
 
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