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DAVID SERVAN-SCHREIBER
 
Retrouver l'équilibre de notre système, malgré la pollution chimique
25/03/2010
Mot clé : pollution chimique
Faut-il faire tout parfaitement ? Et si je mange du poisson qui contient des contaminants ? S'il y a des pesticides dans mes champs ? Sur mes légumes ? Cela annule-t-il tous les efforts que je peux faire par ailleurs ? Il est facile de se perdre parmi tous les conseils de santé. Et il est probablement impossible de faire tout bien.
 
Inquiètes, de nombreuses personnes m'ont demandé au fil des conférences, un peu partout dans le monde, si manger souvent du poisson avec son risque de contamination (PCBs, mercure, dioxine) ne risquait pas d'annuler les bénéfices acquis par d'autres comportements de santé. Ou bien si le fait de boire un peu plus que deux verres de vin rouge par jour (pour les hommes ; un seul pour les femmes) n'était pas, lui aussi, un risque de perdre les avantages acquis par l'activité physique ou la pratique régulière de la méditation ou de la cohérence cardiaque.

La perspective que je trouve la plus utile pour déterminer une ligne de conduite raisonnable est la suivante : toutes les maladies chroniques, et le cancer en est une, sont un peu comme le dérèglement climatique. Il n'y a pas qu'une seule cause. C'est un ensemble de phénomènes mis bout à bout qui finissent par dérégler le système dans son ensemble.

La meilleure façon de comprendre le cancer, par exemple, est d'imaginer qu'il est la conséquence d'un excès de facteurs promoteurs du cancer et d'un manque de facteurs inhibiteurs du cancer. Trop d'oméga-6 et pas assez d'oméga-3. Trop de viande rouge grillée, et pas assez de légumes. Trop de sucre, et pas assez d'activité physique. Et ainsi de suite. Une nouvelle étude, publiée dans les Archives of Toxicology, a démontré l'importance rassurante de ces équilibres [1].

Permettez-moi de l'expliquer. Lorsque des humains sont exposés régulièrement à l'Aflatoxine (une toxine issue des moisissures qui poussent sur les cacahuètes entreposées en milieu humide, comme c'est souvent le cas en Afrique), ils développent presque invariablement des lésions hépatiques et souvent un cancer du foie. C'est la raison pour laquelle ce cancer, rare dans les pays développés, est encore très fréquent dans les pays en voie de développement. Le même phénomène se produit chez les rats de laboratoire exposés à cette toxine. Mais, dans l'étude en question, les rats qui avaient d'abord bénéficié d'une consommation régulière de curcuma ont développé beaucoup moins de lésions du foie, et très peu de cancers. Et leurs analyses de sang montraient même que les fonctions métaboliques du foie étaient protégées par les effets antioxydants et anti-tumoraux du curcuma.

D'autres études ont montré que le curcuma pouvait aussi agir activement contre les effets toxiques des métaux lourds (mercure et autres), de certains pesticides (en particulier ceux qui simulent les effets des estrogènes) et encore d'autre composés chimiques présents dans notre environnement moderne. J'aime cette idée d'équilibre et je suis convaincu que nous pouvons allumer des contre-feux pour pallier aux inévitables pollutions auxquels nous sommes tous sujets.

Bibliographie

1. El-Agamy, D.S., Comparative effects of curcumin and resveratrol on aflatoxin B(1)-induced liver injury in rats Archives of Toxicology, 2010.
 
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