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DAVID SERVAN-SCHREIBER
 
Thé vert et champignons : 89 % de cancers du sein en moins
16/04/2009
Mots clés : thé vert, champignons
Les femmes chinoises qui consomment des champignons régulièrement et boivent du thé vert tous les jours ont 89 % de risque du cancer du sein en moins que celles qui ne consomment ni l’un ni l’autre.
 

Des chercheurs australiens de l’université de Perth ont comparé les régimes et habitudes de vie de plus de 2 000 femmes ayant consulté dans une clinique du sein en Chine. A partir de relevés détaillés de leurs consommation de divers aliments, ils ont observé que, toutes choses égales par ailleurs, les femmes qui consommaient plus de 10 g de champignons frais par jour (en moyenne) avaient une baisse de risque du cancer du sein de 64% par rapport à celles qui ne mangeaient pas de champignons. Et celles qui mangeaient 4 g de champignons séchés une réduction du risque de 47%. Lorsqu’ils y ajoutaient la consommation de thé vert (plus d’1 g de feuilles de thé à infuser par jour), l’effet protecteur de la combinaison des deux se chiffrait à 89% ! [1]

Figure 1 – Les femmes qui consomment régulièrement à la fois des champignons et du thé vert auraient 89% de chances en moins de développer un cancer du sein. [1]

Effectivement, les champignons shitaké, maïtaké, kawarataké ou enokitaké mais aussi les simples pleurotes contiennent de la lentinane et d’autres polysaccharides (PSP et PSK en particulier), qui stimulent directement le système immunitaire.

On savait déjà que les paysans japonais qui font une forte consommation de ces champignons ont jusqu'à deux fois moins de cancers de l'estomac (un cancer fréquent au japon) que ceux qui n'en mangent pas [2]. Dans certains grands centres anti-cancer au Japon, des extraits standardisés de ces champignons accompagnent désormais systématiquement les traitements par chimiothérapie [3 , 4, 5].
Les chercheurs japonais ont observé que les patients qui reçoivent ces extraits de champignon voient le nombre et l'activité de leurs globules blancs augmenter notablement, y compris à l'intérieur même de la tumeur [4, 6 , 7 , 8 , 9 ].
A l'université de Kyushu, lorsque ces champignons accompagnent ou suivent la chimiothérapie chez des patients souffrant d'un cancer du côlon, ils permettent de prolonger nettement leur survie [4].

Dans le laboratoire du Pr Richard Béliveau, à Montréal, des extraits de différents champignons ont été testés contre les cellules du cancer du sein en culture. Les bénéfices ne se limitent pas aux champignons asiatiques. Certains, comme la pleurote, permettent de stopper presque complètement la croissance des cellules cancéreuses en laboratoire.

Figure 2 – Différents champignons agissent sur la croissance des cellules du cancer du sein en culture, par ordre croissant d’efficacité (lignée de cellules cancéreuses MDA-231)[10].

Si les effets des champignons contre le cancer étaient donc déjà partiellement connus, ce qui est très surprenant dans cette étude c’est leur potentialisation par la consommation de thé vert. On retrouve ici le principe de synergie des différents aliments qui revient sans cesse lorsqu’on explore l’action des défenses naturelles contre le cancer.

Bibliographie

1. Zhang, M., et al., Dietary intakes of mushrooms and green tea combine to reduce the risk of breast cancer in Chinese women. Int J Cancer, 2009. 15: p. 1404-1408.

2. Hara, M., et al., Cruciferous vegetables, mushrooms, and gastrointestinal cancer risks in a multicenter, hospital-based case-control study in Japan. Nutrition & Cancer, 2003. 46(2): p. 138-47.

3. Ooi, V.E. and F. Liu, Immunomodulation and anti-cancer activity of polysaccharide-protein complexes. Current Medicinal Chemistry, 2000. 7(7): p. 715-29.

4. Torisu, M., et al., Significant Prolongation of disease-free period gained by oral polysaccharide K (PSK) administration after curative surgical operation of colorectal cancer. Cancer Immunology, Immunotherapy, 1999. 31: p. 261-268.

5. Nakazato, H., et al., Efficacy of immunochemotherapy as adjuvant treatment after curative resection of gastric cancer. The Lancet, 1994. 343: p. 1122-1126.

6. Kikuchi, Y., et al., Effects of PSK on interleukin-2 production by peripheral lymphocytes of patients with advanced ovarian carcinoma during chemotherapy. Japanese Journal of Cancer Research, 1988. 79(1): p. 125-30.

7. Tsujitani, S., et al., Postoperative adjuvant immunochemotherapy and infiltration of dendritic cells for patients with advanced gastric cancer. Anticancer Research, 1992. 12(3): p. 645-8.

8. Kariya, Y., et al., Activation of human natural killer cells by the protein-bound polysaccharide PSK independently of interferon and interleukin 2. Immunology Letters, 1992. 31(3): p. 241-5.

9. Mizutani, Y. and O. Yoshida, Activation by the protein-bound polysaccharide PSK (krestin) of cytotoxic lymphocytes that act on fresh autologous tumor cells and T24 human urinary bladder transitional carcinoma cell line in patients with urinary bladder cancer. Journal of Urology, 1991. 145(5): p. 1082-7.

10. Béliveau, R. and D. Gingras, Cuisiner avec les aliments contre le cancer. 2006, Outremont, Canada: Trécarré.
 
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