L’Afsset réévalue clairement le lien entre cancer et environnement
Posté le 03/07/2009 par
Christophe
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Pollution environnementale
Dans un avis publié hier, 2 juillet 2009, l’Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) émet de nouvelles recommandations à destination du personnel politique et de la société civile, et désigne clairement plusieurs facteurs de risques liés au cancer en provenance de l’environnement.
Avec une évaluation de la part de responsabilité de l’environnement dans l’incidence de la maladie en France établie jusqu’à 50 %, l’Agence prend une position courageuse dans un débat où jusqu’ici les institutions sous-estimaient ce lien.
Pour rappel, l'Académie de Médecine affirmait en 2007 : "Le nombre de cancers liés à la pollution de l'eau, de l'air et de l'alimentation est faible en France. De l'ordre de 0,5 %, il pourrait atteindre 0,85 % si les effets de la pollution de l'air atmosphérique étaient confirmés."
Plus novateur encore, l’Afsset propose d’étendre le principe de précaution aux facteurs de risques pour lesquels les études sont insuffisantes (cancérogènes « probables »), dès lors que l’exposition de la population est forte, et de prendre en compte les mélanges de facteurs et la durée d’exposition des personnes, ainsi que l’exposition à des âges sensibles de la vie, notamment in utero ou chez les personnes âgées. L’Afsset explique qu’il faut réduire la pollution partout: celle par les particules fines PM 2,5 (inférieures à 2,5 microns) émises par le trafic routier et par les zones industrielles et urbaines, celle par les agents cancérogènes (amiante, radon, formol, benzène, etc) dans l'air intérieur, celle par les pesticides dans les eaux, et celles des émissions issues des sols telles que radon, amiante, plomb...
Le travail de recherche nécessaire promet d’être gigantesque pour couvrir le champ d’études élargi de la sorte. L’enjeu est d’importance, car les travaux de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), publiés fin 2008, montrent que l'incidence de la plupart des cancers a progressé en France entre 1978-2000. Sur une période plus récente encore, les progressions sont très fortes : entre 1980 et 2005, l'incidence des cancers s'est accrue de 35 % pour les hommes et de 43 % pour les femmes. L’Inserm a étudié neuf types de cancer : lymphomes malins non hodgkiniens (ganglions), cancers de la peau, du côlon, du poumon, du foie, du rein, de la thyroïde, et surtout de la prostate et du sein.
"On ne peut plus attendre d'avoir des certitudes pour agir", conclut le professeur Gérard Lasfargues, qui a dirigé les travaux.
Source :
Communiqué de l'AFSSET
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