Les traitements du cancer de la prostate parfois retardés avec raison
Posté le 08/07/2010 par
Christophe
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Cancer de la prostate
Les médecins suédois en charge de l'évaluation du cancer de la prostate ont remarqué que dans de nombreux cas, des patients atteints d'un cancer peu agressif ne suivent aucun traitement, et que leur décès dans les 10 ans est dû à d'autres causes que leur cancer. Cette option thérapeutique, baptisée "surveillance attentive", était donc la meilleure pour eux.
Le Registre Suédois du Cancer de la Prostate a mené une enquête rétrospective sur les traitements proposés aux patients diagnostiqués pour un cancer de la prostate de stade 1 ou 2, c'est-à-dire peu ou moyennement agressif et non métastatique. Sur 6849 patients étudiés, 3399 ont subi une opération chirurgicale et 1429 une radiothérapie. Mais 2021 n'ont suivi aucun traitement. Leurs médecins ont bien entendu suivi l'évolution de leur cancer mais à aucun moment, ils n'ont jugé qu'il était nécessaire d'agir, autrement qu'en continuant cette "surveillance attentive" (watchful waiting).
L'intérêt de cette étude, publiée par le Journal of the National Cancer Institute américain le 7 juillet 2010, c'est qu'elle montre que la mortalité par cancer est peu différente entre le groupe qui a suivi les traitements (2,7% de décès en 10 ans) et le groupe qui n'en a pas eu (3,6 %).
Les médecins ont notamment tendance à ne pas proposer de chirurgie de la prostate à des personnes dont la santé est menacée par d'autres maladies que le cancer. Dans les statistiques, ce sont donc ces maladies qui les emportent le plus souvent. Ainsi pour le groupe qui ne suit aucun traitement, la mortalité liée à d'autres causes que le cancer atteint près de 20 % sur les 10 années de l'étude.
Cette étude s'inscrit dans un débat acharné qui oppose ceux qui souhaitent augmenter le dépistage du cancer de la prostate et généraliser les traitements rapides en cas de détection d'un cancer, et ceux qui attirent l'attention sur le nombre de faux diagnostics et de traitements inutiles. Des traitements coûteux pour la collectivité, mais surtout porteurs d'effets secondaires invalidants.
Notre conseil : si votre médecin vous propose de ne rien faire alors que vous avez un cancer de la prostate, écoutez ses arguments. Vous pouvez compter sur lui pour mettre tout en œuvre pour que l'évolution de votre tumeur reste sous surveillance, et profiter de votre vie sans souffrir des effets secondaires.
Source :
Pär Stattin et al. National Prostate Cancer Register of Sweden Follow-up
Study Journal of the National Cancer Institute Advance Access
published on July 7, 2010, DOI 10.1093/jnci/djq154. J. Natl. Cancer
Inst. 102: 950-958.
Photo par enggul
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