Quelles mesures pour limiter le risques de cancer liés aux acides gras trans ?
Posté le 21/08/2008 par
Christophe
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Risques
L’INSERM vient de rendre public une étude montrant que le risque relatif de cancer du sein est presque doublé chez les femmes ayant des taux sanguins élevés d’acides gras trans. C'est le résultat d'une étude épidémiologique de grande ampleur menée depuis 1990. Grâce à 25 000 prises de sang, on a pu comparer les taux sanguins d'une quarantaine d'acides gras chez celles qui avaient eu un cancer et chez les autres. La qualité de ces résultats est donc très élevée. En France, quelles sont les mesures de précaution prises ?
Les femmes qui ont dans leur sang un taux d'acide gras trans élevé ont près de deux fois plus de risques de développer un cancer du sein (voir le blog de David). Comment comprendre cette notion de risque ? C'est une approche statistique : les femmes âgées de 55 à 60 ans ont, chaque année, une probabilité de 300 pour 100 000 de développer un cancer du sein. Celles qui sont surdosées en acides gras trans en développent plus : 534 cancers du sein pour 100 000. On dit que le risque relatif est de 1,78.
Les acides gras trans sont des lipides naturellement présents dans les produits laitiers, les viandes et graisses de ruminants (vache, bœuf, etc.). On les trouve aussi après la transformation des huiles végétales : les huiles végétales hydrogénées (qui permettent aux industriels de les utiliser à l'état solide), ou les huiles chauffées en contiennent. Les produits laitiers représentent plus de la moitié des apports en acide gras trans chez l'adulte en Europe. L'industrie agro-alimentaire les utilise également comme stabilisateur et comme conservateur dans les viennoiseries, les pains, les pizzas, les biscuits, mais aussi dans les margarines, les plats cuisinés, les recettes chocolatées.
L'AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) ne recommande pas la diminution de la consommation de produits laitiers, mais plutôt d'éviter les laits entiers pour préférer les laits écrémés et demi-écrémés, et surtout de réduire la consommation de produits de panification industriels. Cependant il est clair qu'un régime qui diminue l'apport en produits laitiers diminue également l'ingestion des acides gras trans.
Dans la ville de New-York les acides gras trans sont interdits de restaurant, le Danemark et la Suisse ont établi une valeur limitée à 2% du total d'un produit. En France, les autorités se contentent, par la voix de l'AFSSA, de recommander comme valeur maximum en acide gras trans le seuil de 2% de l'apport énergétique total et de souhaiter que les industriels se fixent une limite de 1 g/100 g de produit.
Mais comment se conformer à ces conseils alors que la loi n'oblige pas vraiment les industriels à mentionner la proportion d'acide gras sur les étiquettes des produits alimentaires ? Le seul indice est la mention « huiles végétales hydrogénées et partiellement hydrogénées ». Pourtant, selon les procédés elle peut varier d'un rapport de 0,1 g à plus de 6 g pour 100 g.
Aussi, nous proposons à chaque personne qui se sent concernée par la sécurité sanitaire de se manifester auprès de son député en lui envoyant une lettre réclamant une amélioration de la loi. Pour faciliter cette démarche nous avons rédigé un modèle de lettre que vous pouvez adapter. Alors tous à vos imprimantes et encouragez-vous sur le forum « http://www.guerir.fr/communaute/agir-collectivement »
Christophe Béguin Journaliste
Photo : Accent - Fotolia
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