Les oméga-3 réduisent-ils la dépression des enfants?
Posté le 31/03/2008 par
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Anxiété
Stress
Dépression
Le plus grand journal de psychiatrie – The American Journal of Psychiatry – a publié la première étude en double-aveugle testant l’effet des oméga-3 dans la dépression de l’enfant (de 6 à 12 ans).
La dépression des enfants affecte de l’ordre de 4% des enfants de moins de 12 ans aux USA, je ne connais pas les données chiffrées sur le sujet en France.
Il s’agit d’une petite étude (20 enfants au total) mais faite en double-aveugle et dont les résultats sont « hautement significatifs » d’un point de vue statistique d’après les auteurs. En effet, parmi les enfants ayant reçu un placebo, aucun n’a vu ses symptômes diminuer de plus de 50%. Par contre, 7 des 10 enfants qui avaient reçu des omega-3 (sous forme de compléments alimentaires) se sont améliorés de plus de 50%, et 4 d’entre eux sont arrivés à une rémission complète en 4 mois. Ces enfants ne recevaient aucun antidépresseur concomitant (mais quelques uns dans chacun des deux groupes étaient sous ritaline pour des symptômes de trouble de l’attention).
Ces résultats sont particulièrement significatifs pour deux raisons :
- D’abord parce qu’il est rare pour une étude contrôlée d’un antidépresseur d’obtenir des résultats significatifs par rapport au placebo (une revue de toutes les études soumises à la Food and Drug Administration américaine montre que les 2/3 ne sont pas significatives statistiquement), et qu’il est encore plus rare d’obtenir un tel résultat avec un petit échantillon de patients (la significativité statistique augmente rapidement avec le nombre de patients inclus dans l’étude), et encore plus rare chez l’enfant, chez qui la plupart des études d’antidépresseurs sont négatives.
- Ensuite, parce que les antidépresseurs conventionnels serotoninergiques tels que le Deroxat, Seropram, Zoloft et autres ont été mis à l’index par la FDA américaine pour le manque de preuve de leur efficacité chez l’enfant (sauf le Prozac) et le risque maintenant avéré d’augmenter les gestes d’automutilation ou les tentatives de suicide. Il est donc urgent de développer des alternatives à la fois plus efficaces et dénuées d’effets secondaires.
Cette première étude de l’efficacité des oméga-3 chez l’enfant ouvre donc une piste importante puisqu’il s’agit d’une approche complètement naturelle qui a le potentiel d’être supérieure en efficacité à des approches pharmacologiques. Ceci n’aurait rien d’étonnant compte tenu du déficit en oméga-3 dans la population en général, qui est probablement plus profond encore chez les enfants puisqu’ils consomment encore moins de poisson que les adultes.
Je reproduis ci-dessous le graphique illustrant les résultats de l’étude tel qu’il est publié dans l’article du Prof Nemets, de l’Université Ben Gurion du Neguev, en Israel.
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