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Un médecin dans la tourmente de son propre corps : soigner autrement après la maladie

raissa Arobaz Envoyer par mail
Expérience Médecin Livre Colon

Un médecin dans la tourmente de son propre corps : soigner autrement après la maladie

La blouse blanche ne protège pas du cancer. Même quand on est cancérologue. Le médecin Pascal Hammel, gastro-entérologue spécialisé dans le traitement des cancers de l’appareil digestif, en a fait l’impitoyable et pourtant combien enrichissante expérience. Epreuve pour épreuve, c’est en explorateur confiant qu’il entamera ce voyage au pays de son corps, avec son lot assumé de risques et de doutes. Malgré tout, il reconnaît aujourd’hui avoir gagné plus que la guérison : en liberté pour lui-même et, pour ses patients, en subtilité dans l’art de soigner.

« Aujourd’hui, quand les gens entrent dans mon cabinet complètement paniqués, je mets une immense énergie à les rassurer et à positiver. Certains me disent : « Docteur, je n’ai pas fumé, je n’ai pas bu, et j’ai un cancer, je n’ai vraiment pas de chance alors que mon voisin… Alors, je leur explique que leur mode de vie leur a permis sans doute de retarder l’apparition de ce cancer et qu’ils sont mieux armés pour y faire face grâce à leur bonne hygiène de vie. »

Le docteur Hammel est devenu particulièrement attentif au poids des mots : il pose d’abord des questions, plutôt que d’asséner des informations : « qu’avez-vous compris de votre maladie ? Qu’en savez-vous ? Qu’en pensez-vous ? Je tiens beaucoup à dédramatiser, je ne donne jamais l’impression d’être inquiet. Tout problème a sa solution. Je recentre sur le souci du moment : si vous avez mal, il y a des antalgiques, si vous ne savez comment annoncer la nouvelle à votre famille, je peux la rencontrer, je peux écrire une lettre à votre employeur, je peux organiser des soins à domicile, toutes ces choses qui rendent la vie plus facile. »

Passé de l’autre côté de la perfusion, le médecin réalise combien le temps d’attente du résultat d’un examen peut être anxiogène. Alors il prend le temps d’expliquer un délai : « un bon diagnostic nécessite plusieurs lectures : un scanner passe dans les mains d’un interne, d’un spécialiste puis est examiné et commenté en réunion pour plus de certitude. Certaines cliniques remettent un résultat à l’intéressé dans une enveloppe, sans explication, cela peut avoir des effets catastrophiques et se payer très cher. »

Le Dr. Hammel est très sensible à ce que le patient se sente en sécurité dans un protocole thérapeutique : « si la première cure n’a pas donné les résultats escomptés, le patient doit savoir d’avance  qu’il y a d’autres solutions. Si un médicament a été mal supporté, c’est pareil. Ce n’est pas la peine de serrer les dents inutilement. »

Sans oublier de prendre en considération les ressources personnelles des patients : la foi, la musique, l’amitié, l’émotion, le plaisir. Encourager le patient vers toujours plus d’audace et d’autonomie. 
Au fond, que demanderait la maladie au patient si elle savait parler notre langue? Et être entendue ? Gagnez de la liberté sur votre vie et demandez-vous souvent si ce que vous faites est bon pour vous.
Autant de propos vivifiants dans ce récit honnête, chaleureux et pudique.

Raïssa Blankoff
Journaliste

Pascal Hammel, Guérir et mieux soigner. Un médecin à l’école de sa maladie. Chronique d’un cancer . Fayard, 2008.

Photo: Olivier Corcos



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27 Mai 2008 à 15:09 Posté par marie-line Super_active Super actif Noticed Remarqué
marie-line

marie-line

En ce moment:

Je vais éteindre internet... et relire Ronsard !

Très beau témoignage

 

Quel joli article ! Et quel beau témoignage de médecin, très touchant !

Mon médecin homéopathe a, elle aussi, vécu un cancer : une leucémie, dont elle a guéri, en combinant les traitements "classiques"(chimio) et les traitements par homéopathie et phytothérapie.

Merci à ce Docteur d'avoir, tout comme David, accepté de témoigner de sa douloureuse expérience...

Marie-Line

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27 Mai 2008 à 18:42 Posté par Jean Super_active Super actif First_rank Premier rang
Jean

Jean

Il y a encore beaucoup à faire dans l'art de soigner...

 

. . . « Certaines cliniques remettent un résultat à l’intéressé dans une enveloppe, sans explication, cela peut avoir des effets catastrophiques et se payer très cher. » . . .
De nombreux spécialistes pourraient en prendre de la graine, on est pas des robots.
C'est ce qui est arrivé hier à ma femme, rentrée complètement découragée d'un contrôle de mammographie. Pas un mot ! on lui passe une échographie, on lui dit de passer à la caisse, payez vous serez bien considérés ! "Voyez aussi avec la secrétaire pour un prochain IRM à Blois. On ne lui a même pas donné les raisons. Pas un mot, mutus et bouche cousue, elle demande des explications, elle ne saura rien ! Quel monde imbécile ! J'ai connu ça moi aussi...

Merci au médecin Pascal Hammel, touchant son témoignage...

Jean

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27 Mai 2008 à 21:49 Posté par marielea Super_active Super actif First_rank Premier rang
marielea

marielea

FORMATION MEDICALE

 

Il faut "humaniser" la formation médicale et ce n'est pas avec la SHS en PCEM1 (première année des études de médecine) que cela sera fait!il faudrait mettre l'accent sur la nécessité de faire l'expérience du monde de la maladie; comme le dit le docteur Siegel dans VIVRE LA MALADIE: " ....j'aimerais voir chaque médecin entrer anonymement dans un hopital avec un diagnostic de maladie mortelle. Il ou elle entrerait dans le service pendant une semaine et pourrait juger de la manière dont sont vraiment traités les patients.....ainsi ils deviendraient capables de dire aux patients " je comprends ce que vous vivez en ce moment".......Je présenterais des malades aux futurs médecins dès leur première semaine d'études. Ces derniers auraient sous leur yeux non pas un cas d'école.... mais un être vivant. J'encouragerais les patients à leur dire "je suis là, j'existe........".....Les médecins personnellement touchés par le cancer, le sida ou autres maladies à pronostic fatal, devraient discuter avec leurs futurs confrères...........les médecins devraient participer à des voyages organisés à leur intention, sur des lieux de pélerinages comme Lourdes, où se rendent des personnes incurables dans l'attente d'un miracle; ainsi ils comprendraient la valeur de l'espoir et de la foi............ j'appprendrais aussi aux médecins à communiquer; comment annoncer à des patients qu'ils sont atteints d'un cancer sans pour autant réduire à néant tous leurs espoirs? Comment les aider à ne pas perdre pieds?.........Ils devraient apprendre à parler avec les malades et à les écouter exposer leurs craintes et leurs angoisses....."
tout un programme....Oui dr HAMMEL, rencontrez vos confrères, parlez leur de votre chemin de guérison, faites bouger les choses de l'intérieur!vous n'êtes pas seul, unissez vos efforts aux nôtres pour qu'il n'y ait plus jamais ces témoignages de l'inhumanité médicale ( ce qui n'est pas toujours vrai, mais ils ne sont pas formés à cette dimension du sacerdoce , ça ne s'apprend pas dans les livres.......certains en sont pourvus naturellement , d'autres non!)
mais, je reste persuadée que prés de la moitié de l'efficacité du traitement et de la guérison dépendent de cela! MARIELEA

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28 Mai 2008 à 12:16 Posté par martine Super_active Super actif First_rank Premier rang
martine

martine

bravo et merci

 

pour tous le smalades que vous rencontrez.
j'ai appris mon cancer probable par la radiologue qui me voyant aneantie et ne sachant plus comment réagir je présume à fini par me dire " j'en ai vendu trois cette semaine" (des cancers du sein )
je n'ai pas eu la présence d'esprit de lui répondre que personnellement je n'était pas acheteuse mais je la revois dans un mois (j'ai fait exprés de reprendre rendez vous avec elle) et je vais lui exprimé que ce n'est pas franchement entendable memem si elle était fatiguée débordée.etc..etc.. alors oui il y a beaucoup de travail à faire dans l'écoute et l'accompagnement des patients
encore un grand merci pour ce beau témoignage
Martine

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28 Mai 2008 à 22:21 Posté par LiseH Super_active Super actif Noticed Remarqué
LiseH

LiseH

SENSIBLE ET HUMAIN

 

Quelle belle rencontre vous nous proposez ici ce soir, avec ce médecin sensible, humain, compréhensif et doux! Merci, encore et encore, pour ce rayon de soleil!Lili

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23 Juin 2008 à 16:27 Posté par Crikson Faithful Fidèle To_be_discovered A découvrir
Crikson

Crikson

oui

 

Je reconnais avoir eu beaucoup de chance à Montpellier : rhumatologue, cancérologue, neuro chirugien, cancérologue, médecin généraliste, homéopathe, infirmière, tous des gens au top du top question humanité et annonce. Par rapport à d'autres aui ont eu des expériences difficiles. Ne devons nous pas également des attitudes extrêmement désagréables à nos propres comportements ? Parfois non, parfois oui. J'ai l'exemple la semaine dernière d'un homme qui arrivait très arrogant pour sa séance de chimio et qui soupirait car cela n'allait pas assez vite ! J'avais très envie de lui dire : "nous ne sommes pas au super marché te vous devriez respecter les gens", mais je n'étais pas là pour ça, ceci dit, la prochaine fois je le ferai car les infirmières sont super dévouées et ne méritent pas cela !

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05 Juillet 2008 à 14:21 Posté par Nootsi Timid Timide To_be_discovered A découvrir
Nootsi

Nootsi

Un médecin dans la tourmente de son propre corps

 

Voilà un magnifique exemple de ce que peut traduire les liens du corps et de l'esprit, car nous sommes l'UN ET l'AUTRE! Je souhaite que chaque personne, soignante ou pas, puisse s'en inspirer pour avoir l'attitude la plus juste possible dans son combat contre la maladie...et peut-être aussi dans la prévention. (Nootsi)

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06 Juillet 2008 à 11:37 Posté par mary Faithful Fidèle To_be_discovered A découvrir
mary

mary

soignants soignés tous concernés

 

une réponse au livre du Dr hummel.
Oui oui le côté humain d’abord ! c’est la clé pour vaincre ce fichu cancer ! la charte de l'hospitalisé et le plan cancer : deux avancées énormes dans l'humanisation des soins, mais en consultation , (surtout dans les centres parisiens) quelle déception ce ne sont que de beaux écrits ! l'irrespect de la dignité, la première annonce brutale du diagnostic etc... choquent toujours. Oui en tant qu’infirmière et patiente (et vivant dans un milieu médical) j’ai rencontré des soignants et patients extraordinaires, des 2 côtés on peut rencontrer des héros… mais du côté soignant il ne faut pas croire que le fait de porter une blouse blanche veut dire : être blanc de neige ! NON ! s’il y a de très bons soignants, il y a aussi des soignants que je nomme « noirs » il faut le reconnaitre… et lorsqu’un patient est très désagréable, ce n’est jamais sans raison. Certains ont galéré des années dans une angoisse insurmontable avant d’être pris en charge. Personnellement j’ai été de confrère en confrère durant deux années avant d’être enfin enfin entendue ! ma première IRM était un faux résultat donc j’étais hystérique et il était hors de question de passer une deuxième IRM.. j’allais devenir aveugle paralysée etc..etc… .. après avoir explosé un peu partout – j’étais la malade la plus désagréable qui soit - ouf j’ai rencontré mon sauveur .. mais malheureusement beaucoup d’ ami(e)s malades n’ont pas eu cette chance. Bien des soignants ne réalisent pas les difficultés, la dureté, la souffrance physique et morale lors du parcours de soins -une longue liste de différentes peurs de la maladie et aussi tellement de problèmes familiaux, professionnels... Bien des soignés ne réalisent pas la pénibilité des conditions de travail, l’attitude si dure si indifférente parfois nécessaire pour se préserver de la souffrance de la mort… bref un fossé énorme sépare le soignant du soigné. L HUMANISATION DES SOINS DOIT FAIRE SAUTER CETTE BARRIERE. Il faut aussi se battre pour L EGALISATION DES SOINS !. Bien sûr que je suis en admiration devant dr david S. et Dr hummel .. un grand merci de leur soutien et partage.. mais rappelons qu’un Français sur deux gagne moins de 1500 euros par mois, qu’ un français sur 6 de plus de 65 ans – âge fréquent du cancer – gagne moins de 600 euros .. et que le 100% est accepté plusieurs mois parfois après le diagnostic… qu’il faut avancer des frais très coûteux notamment en province (parfois correspondant au salaire du mois !) et tous les français ne sont pas citadins. Dans 27 départements il manque cruellement de médecins traitants.. un médecin imposé sera nommé… dans certains départements il n’existe même pas de spécialistes conventionnés secteur 1 – et le patient doit payer en plus des frais importants de soins, des frais de transport, d’hébergement et les dépassements d’honoraires. Actuellement de nombreux « petits « patients ne voient plus le radiologue en radiologie le radiothérapeute en radiothérapie.. les soignants vont ils devenirs de bons robots techniciens? sans dialogue, comment ne pas s’étonner des faux diagnostics, des erreurs de radiations etc… ça ne correspond pas aux droits du patient…sans respect mutuel comment les cœurs peuvent-ils s’ouvrir. Où sont les chances de rémission, de guérison ??

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